Lundi 1 octobre 2007
Une journée à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris
J’étais ce samedi 29 septembre 2007 à l’institut d’Etudes Politiques de Paris appelée communément Sciences Po, pour une journée nationale d’échanges et de
réflexions.
L’ouverture des travaux a débutée par Claude Bartolone, qui a prôné pour une unité de la gauche afin de faire face à Sarkozy
quel que soit le candidat, en donnant la parole aux militants. Aussi en adoptant avec la rénovation du parti socialiste, une idéologie et une stratégie commune. Il a en outre critiqué quelques
mesures gouvernementales actuelles et est revenu sur les fameux tests d’ADN en disant que cela illustrait bien une différence entre un gouvernement de droite et de gauche.
Par la suite, il y avait la première table ronde qui avait pour thématique : Face au nouveau pouvoir, réinvestir la question
économique et sociale. Le premier intervenant était Stéphane Rozès, directeur de l’institut du CSA. Il a développé ce que c’est d’être de gauche de nos jours, face à ces
questions économiques et sociales. Pour nombre de français selon lui, le pays est à gauche pour le souhaitable mais à droite sur le possible. Il est revenu sur l’échec de la gauche à la
présidentielle, qui selon lui a relativisé sur la question du social en se dessaisissant de ses outils (logements, pouvoir d’achat…), la gauche s’est déporté à la marche du système dans sa
représentation. Aussi elle était consensuelle pour dire ce qui n’allait pas mais sans les propositions concrètes.
Puis est venu le tour de Jean-Christophe Cambadélis qui a débuté son allocution en disant que la présidentielle était derrière
nous, qu’il fallait plus un esprit de camaraderie car tous les présidentiables ont leur chance. En ce qui le concerne, l’on doit passer du socialisme passif au socialisme actif, aussi de
préserver les services publics en harmonisant la protection sociale.
Par la suite, c’est la vice-présidente du conseil général du Cher en charge des solidarités, qui a insisté sur le fait que nous cotisons
tous pour les autres et que les autres aussi cotisent pour nous. Il faut éviter selon elle de culpabiliser les personnes âgées et les chômeurs, le terme d’assistanat devra être proscrit. Puis est
venu le tour du secrétaire national du PS aux entreprises qui a insisté sur le fait de porter un regard sur les avantages et les inconvénients de l’économie mondiale et non de se limiter sur la
franco-française. Il a pris pour exemple quelques pays qui ont des taux de chômage moins élevés que la France, mais dont la plus part des emplois se limitent à la précarité. Il a terminé sur
davantage de représentativité syndicale au près des salariés.
Par ailleurs, il y avait une deuxième table ronde avec pour thématique : Etre socialiste dans l’Europe et face à la
mondialisation. Le premier intervenant à cette table fut Huber Védrine qui a commencé par donner les raisons de son refus à intégrer le gouvernement de Sarkozy. En
effet, il a dit qu’il était disponible pour rédiger un rapport qui pouvait être utile à la Nation mais non d’intégrer un gouvernement qui ne prônait ses valeurs. Concernant la mondialisation, il
a dit que la France était le seul pays à avoir un aspect négatif sur la mondialisation et que les Français n’étaient pas assez préparés. D’ailleurs pour beaucoup, l’économie de marché est
dogmatique.
L’adjointe du Maire de Paris Anne Hidalgo a insisté sur l’immigration dans la mondialisation. Elle a commencé par dire que la
France était un pays de migrations et a insisté sur la richesse culturelle des migrations et des bienfaits que les immigrés qui sont stigmatisés de nos jours ont apporté à la
France.
Elle a ensuite dit qu’elle était elle-même fille d’immigrés, qu’il fallait surtout se focaliser sur les raisons qui poussent des personnes à
partir de leurs pays, de trouver les moyens pour y remédier et non de se focaliser sur des quotas afin de satisfaire un électorat. En suite est venu le tour d’Arnaud Montebourg
qui a surtout parlé de l’outil démocratique dans la mondialisation et Benoît Hamon qui est revenu sur la nomination de DSK au FMI comme président. Selon lui, l’élection d’un
socialiste à la présidence de cette institution est une bonne chose surtout pour les pays en voie de développement.
Enfin, la journée s’est terminée par un discours de Laurent Fabius qui a commencé par critiquer la politique du
gouvernement en place, notamment les cadeaux fiscaux donnés aux plus aisés qu’il a qualifié de transferts fiscaux puisque c’est pris à la population. Selon Fabius, Cinq mois
après la victoire de N. Sarkozy et la défaite de S. Royal, le pays voudrait croire à une amélioration, mais les Français commencent à constater les faits et doutent en profondeur. Les médias
jouent un rôle majeur dans la stratégie présidentielle. Le pouvoir sélectionne divers thèmes, en fonction notamment des sondages, pour que le Président les investisse. Deuxième temps : un
des thèmes est retenu, on met alors en scène l’implication personnelle du chef de l’Etat, on mesure l’impact sur l’opinion, on poursuit si c’est positif, sinon on change aussitôt de thème. Le
bombardement médiatique est si puissant et le tournoiement des thèmes si rapide que, malgré le courage de beaucoup de journalistes, les médias et l’opinion sont réduits au rôle de suiveurs. Le
but est d’éviter à tout prix le temps de l’analyse critique des faits.
L’utilisation systématique de l’émotionnel et du compassionnel vient en renfort. La compassion d’Etat est érigée en méthode de gouvernement. Après chaque fait
divers retentissant, un ministre annonce une nouvelle loi alors qu’il devrait d’abord faire appliquer celles qui existent. Pendant ce temps, l’opium fait son effet : on ne s’interroge ni sur
les causes, ni sur les vraies solutions. Déjà, on zappe et on passe à autre chose. Seuls comptent les images et les sondages.
Fabius souhaiterait que le temps d’intervention audiovisuelle du Président et celui de ses collaborateurs soit désormais comptabilisé, et que soit accordé un temps
équivalent à la majorité et à l’opposition. Un texte devrait le prévoir, ce texte court qu’il a déjà commencé à écrire. « L’expression pluraliste des courants de pensée et d’opinion est
une des conditions de la démocratie. Afin d’en assurer le respect, les radios et les télévisions doivent comporter dans leur programme un équilibre entre trois temps d’intervention et assurer des
conditions de programmation comparables : celui du Président de la République, de ses collaborateurs et des membres du gouvernement, celui des personnalités appartenant à la majorité
parlementaire, celui des personnalités de l’opposition », il souhaite qu’un article de ce type sur la démocratie médiatique soit inscrit dans la Constitution.
En conclusion, Laurent Fabius a insisté sur le fait que la solidarité était une des valeurs fondatrices de la gauche, qu’il ne fallait pas en avoir honte. Il
faut selon lui une gauche décomplexée qui tienne compte de l’évolution du monde.
Bertrand Kissangou.
http://bertrandkissangou.oldiblog.com/
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Par kissangou Bertrand
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Publié dans : Politique
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